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La paix de l’esprit en toile de fond des ” Enfants de Néocité”

Depuis quelques temps, j’envisageais d’aborder et de développer sur mon blog les différents thèmes des “Enfants de Néocité”. C’est alors que par hasard (mais est-ce réellement un hasard ?) je suis tombée sur cette phrase de Sa Sainteté le Dalaï Lama. Or, ses paroles font étrangement écho à l’un des thèmes majeurs de ma dystopie.

Je cite : ” We tend to rely on physical and sensory sources of pleasure, but without peace of mind, we won’t be consistently happy. Material development has greatly improved our physical facilities, but peace of mind isn’t manufactured by machines in some factory, we have to create it within.” S.S. Dalaï Lama 12/06/20. (En français : Nous nous en remettons à des sources de plaisir physiques et sensorielles, mais sans la paix de l’esprit, nous ne serons pas durablement heureux. Le développement matériel nous a apporté de nombreuses facilités physiques, mais la paix de l’esprit n’est pas fabriquée par des machines en usine, nous devons la créer en nous-mêmes.) C’était vraiment l’introduction rêvée, car justement, la paix de l’esprit se trouve précisément au cœur de mon roman dystopique.

En effet, la Néocité est une société à la pointe des progrès technologiques, scientifiques et techniques. La vie y est si parfaite et si facile que le corps et l’esprit humain n’ont plus aucun effort à faire pour assouvir les besoins essentiels. L’intelligence artificielle est omniprésente pour se déplacer, se restaurer, se distraire, se vêtir et même ressentir. Les émotions sont totalement inhibées, même interdites, tandis que les Cinémotions permettent de ressentir des ersatz d’émotions humaines largement édulcorées.

L’esprit humain est constamment envahi et distrait, il est occupé en permanence. Les Citéniens sont renvoyés à eux-mêmes, à leur égo en tous lieux (les miroirs sont partout) Les ordinateurs domestiques,  présents dans les logements, sont aux petits soins à tous les niveaux. Ces mouchards – Big Brother savent tout de leurs faits et gestes et de leurs besoins, et répondent à leurs moindres désirs, de manière systématique.

Le virtuel occupe tant l’espace physique que l’espace mental des Citéniens, les privant d’une liberté fondamentale : la liberté/ vacuité intérieure. Pourtant, toute ressemblance avec une quelconque réalité n’est-elle vraiment que pure coïncidence ? … Un esprit humain occupé en permanence et ramené à son égo ou à une multitudes de distractions sensorielles extérieures n’a plus aucune capacité de recul, de réflexion, d’introspection ni de créativité.

Même si le questionnement qui en ressort est bien évidemment laissé à l’appréciation du lecteur, un parallèle peut rapidement être fait en regardant le rôle de plus en plus prédominant du virtuel et de l’IA dans nos vies de tous les jours. Je laisserai aux spécialistes de l’esprit humain, les concepts et les postulats relatifs à l’étude de leur impact sur l’intelligence humaine, et de plus, nous n’avons que très peu de recul dans ce domaine.

Toutefois, j’ai la modeste ambition d’alerter les lecteurs sur ce qu’il me semble être un danger imminent de notre société ultra-connectée, à réduire notre espace intérieur originellement vaste, paisible et créateur de nos existences — puisque tout naît de l’esprit — jusqu’à l’annihiler totalement. “La nature a horreur du vide” dit-on très justement, or il ne faut pas oublier que l’intelligence-créativité a besoin d’espace et de désœuvrement, d’un espace de liberté au sein duquel elle puisse s’ auto développer, s’imaginer et se projeter. Cet espace intérieur ou intériorité mérite qu’on lui laisse de la place, beaucoup de place, alors que c’est l’inverse qui se produit : on le réduit à néant en le “sur-saturant” de distractions externes, de nourriture à bas-coût déversée en permanence par les yeux ou oreilles.

On fait subir à nos esprits ce que nous tendons à faire subir à nos corps on leur inflige une nourriture surabondante, indigeste et dénuée de tout intérêt nutritif. Voilà comment une humanité peut tout doucement se déshumaniser !

“Les Enfants de Néocité” est sorti !

 

Voilà ! depuis fin avril mon dernier livre est paru et disponible en E-book. Il était normal d’y consacrer quelques articles. Ce sera donc le premier post sur le sujet. En effet, le roman aborde un large éventail de thèmes sur lesquels je reviendrai, mais pour l’heure il s’agit d’une présentation générale.

Tout d’abord, j’ai pris le parti de préciser d’entrée de jeu qu’il s’agit d’une dystopie (c’est le sous-titre que j’ai donné) car Je voulais que le lecteur sache à quoi s’attendre. Pour planter le décor. Deux communautés sont présentes et cohabitent sur une planète terre futuriste et post-apocalyptique.

Tandis qu’une partie des humains, les EGéAs*, vit au sein de la Néocité une mégalopole surdimensionnée de béton et de verres à la pointe des technologies et du progrès scientifique, une autre communauté vit et prospère paisiblement dans un cocon de nature préservé et verdoyant très loin de là, les “Naturels”.

En parallèle, quelques grains de sable viennent perturber les rouages du bon fonctionnement de la Néocité.  les Naturels d’abord qui vivent dans les bas-quartiers de la Néocité et sont attachés à un mode de vie séculaire et jugé “animal” par les autorités. Ils ne se plient pas à l’ordre instauré, et parfois deviennent déviants. Ensuite,  les Insoumis, un groupuscule de rebelles qui organise des attaques armées et entend “libérer” leurs congénères, du joug qui les opprime.

C’est précisément dans ce contexte, à la croisée des deux mondes, que se déploie l’histoire d’Astrée, de Virgile, d’Austin et des autres EGéAs ou Naturels, embarqués dans une quête  humaniste ou tout simplement personnelle.

 

*Etres humains GEnétiquement Améliorés